Un ultra-libéral et Donald Trump

Je suis en contact intermittent avec un copain de lycée (presque 60 ans plus tard!) Dernièrement, il m’ a écrit ceci:

“…c’est vrai que je n’ai pas récemment formulé d’avis sur tes dernières livraisons [sur Facebook et sur mon blog-J.D.] dont beaucoup se rapportent à des sujets typiquement américains sur lesquels je n’ai pas d’opinion très argumentée. Je m’intéresse cependant beaucoup aux élections avec la crainte que Donald (un président avec un nom de canard!)  finisse par l’emporter. Simplement çà serait tellement du n’importe quoi à tous les étages que çà serait passionnant à observer. Si cet événement terrible  se réalisait il répondrait probablement hélas à une question que je me pose régulièrement:qu’est ce qui initiera le déclin de l’Amérique.”

Je comprends que les Francais, y compris mon copain qui connait bien l’Anglais – soit éberlués. Je vais essayer d’expliquer un peu ce qui se passe y compris mes propres actions à venir. Mais avant tout, je dois répondre à sa question sur le déclin de l’Amérique: Indubitablement, c’est la présidence de Barak Obama, un homme médiocre, vaguement gauchiste, élu seulement parce qu’il est noir (et encore, pas tellement -une remarque que j’expliquerai volontiers si on me le demande).

La popularité de Donald Trump auprès d’une grosse partie de l’électorat, autant que son impopularité pour une encore plus grosse partie, ressortent du même phénomène psycho-social. Curieusement, il y a un recouvrement considérable entre la popularité de Trump et celle du Démocrate de gauche Bernie Sanders, des révolte populistes.

Apres 8 ans de marasme économique – pas très grave selon les critères français mais inhabituels ici – après huit ans de déclin géopolitique américain, assaisonné du spectacle pitoyable de marins à genoux, les mains croisées sur la tête dans le Golfe Persique, apres un “accord” nucléaire catastrophique autant qu’extra-constitutionnel avec la meurtrière République Islamique d’Iran, après de nombreux autres débordements extra-constitutionnels de l’administration Obama (dont “l’accord” en question n’est qu’un exemple), beaucoup de conservateurs habituellement modérés sont furieux. Ils se demandent pourquoi le Congrès a servi a M. Obama sur un plat d’argent tout ce qu’il voulait après deux victoires consécutives du Parti Républicain aux élections partielles. A quoi sert d’avoir une majorité aux deux chambres si le président continue à faire ce qu’il veut sans se soucier des voeux de plus de la moitié des électeurs, ses concitoyens, on se demande?

Le phénomène Trump est donc surtout et avant tout un rejet massif d’une classe politique Républicaine jugée trop passive. Le parallèle avec les progrès du Front National en France est limité mais foncièrement valide. Trump exprime un ras-le-bol politique dont Sanders est le pendant à gauche, (pour des raisons seulement partiellement différentes).

Etant donné le caractère emotionel de ce phénomène, les débordements de Trump, ses déclarations loufoques, même sa fréquente grossièreté, ne le desservent moins qu’il ne renforcent sa popularité auprès de la grosse minoritédes conservateurs qui ressentent le plus ce ras-le-bol. On respecte son espèce de franc-parler, en quelques sorte, même si on trouve qu’il va un peu loin.

Que faire quand on est un conservateur, un “ultra-libéral” rationaliste et peu sujet aux engouements – comme moi, par exemple? L’analyse pertinente n’est pas si compliquée qu’on peut le penser.

Aux élections présidentielles de Novembre, bien que d’autres partis soient representés, seulement deux candidats auront la moindre chance de gagner, Trump et Clinton*. Mon copain de lycée a raison: un Président Trump risque de faire un peu n’importe quoi. En plus, de mon point de vue “d’ulta-libéral” ce n’est même pas un vrai conservateur. Ses positions hostiles vis-à-vis des accords de commerce international, par example, en eux mêmes me sont complètement inacceptables. Bien qu’il s’en défende, c’est un protectioniste de la vieille école. En plus, son ignorance macro-économique est choquante, même pour un ancien prof comme moi, endurci par l’expérience et que les étalages d’ignorance choque rarement.

De l’autre côté, nous avons l’ex-Première Dame, protectrice des ignominies adultères de son mari et de son parejure public, sous-serment, et dont le bref passage au Senat est passé (heureusement) inaperçu, l’ex-Secrétaire d’Etat (Ministre des affaires étrangères) au mandat à la fois incompétent et mensonger. Nous avons aussi en elle une escroque garantie et déjà vendue par avance àplusieurs pays étrangers par le biais de la fondation- machine-à-soux qu’elle a créee avec son mari Bill, un véritable repaire de voleurs.

Dans mon esprit, voter pour Trump c’est voter pour l’inconnu plus un peu de connu que je n’aime pas du tout. Voter pour Clinton, c’est voter pour l’incurie garantie et pour la malhonnêtetée systémique. (Je constate bien sur que m’abstenir est une sorte de vote pour Clinton.) Pas un choix facile. Heureusement, Trump a fait dernièrement ce qu’il fallait pour trancher le noeud gordien.

Les commentateurs avertis nous disent que le prochain président se verra dans l’obligation de nommer, deux, trois et même peut-être quatre juges de la Court suprême fédérale. Or, la Court suprême legifère de plus en plus, un fait contraireà la Constituion et que je regrette vivement, ce qui ne m’empêche pas d’ être conscient de ses profondes implications socio-politiques. (Ces juges sont nommes a vie.)

On sait d’avance qui Clinton nommerait, essaierait de nommer à la Cour Suprême: des gens choisis pour leur apartenance à une catégorie sociale donnée(fille-mère noire et lesbienne d’origine asiatique, par example; je plaisante mais pas beaucoup). Surtout des juristes qui continueraient la dérapade anti-constitutionnelle et le glissement vers une société américaine ressemblant aux sociétes bloqués et inertes de l’Europe. (Oui, comme la France, par example).

Trump lui, a produit il y a quelques jours une liste de onze candidats potentiels àla Court Suprême. Après examen par des périodiques conservateurs sérieux, dont le Wall Street Journal et le Weekly Standard, tous me seraient acceptables. Pour moi, c’est la fin du dilemme. Je voterai pour Trump, que je n’aime toujours pas du tout. Vote du moindre mal s’il en fut!

Un écart possible: Si les sondages indiquent juste avant les élections un ras-de-marée probable en faveur de Clinton, je donnerai mon vote au petit parti Libertarian qui n’a aucune chance de gagner mais dont le programme constitue un recherche intellectuelle et morale sur la réduction de la surface de l’Etat vis-à-vis de la société civile. Ce serait donc un vote de principe sans portée politique directe.

*Bernie Sanders: La seule chance que M. Sanders devienne le candidat Democrate serait que l’enquête actuelle du FBI aboutisse enfin et que M. Obama autorise sa copine la Ministre fédérale de la justice (“Attorney General”) àinculper Mme Clinton pour ses divers délits. Ça m’étonnerait, ça étonnerait tout le monde, surtout Mme Clinton d’ailleurs. Si l’impossible arrivait, j’aurais une longue conversation avec moi-même sur la possibilité de voter pour un crypto-communiste. J’aime bien le Senateur Sanders. Il a mon âge. C’est indéniablement un homme intègre. Et puis, il croit virtuellement tout ce que je croyais à l’âge de 25 ans! Il n’a pas changé d’une virgule. Si par extraordinaire, il devenait président, ce serait chouette, le retour de 1968!

Advertisements

Please keep it civil

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s