Category Archives: Short Story

PeterSellers

Idea for a story

I’m reading Radford’s “The Economic Organisation of a P.O.W. Camp” and I came up with an excellent premise for a Catch-22-esque story. Troops on one side of a war hear rumors that their enemy’s POW camps are comfortable and safe. Word spreads and military leaders get wind of this. In addition to propaganda, and other measures they spread rumors to enemy troops of their lavish prison facilities. This prompts an arms race of escalating promises of prisoners’ wellbeing. In order to make rumors credible they begin actually investing in prisoner camps. Soldiers continue to face squalid conditions so rationally get caught. Total hospitality ends the war.

 

Bear With Me

I am neglecting this blog a little because I am putting together a new thin book of stories in French. It’s going to be called: “Les pumas de grande banlieue.” It means the “Suburban Mountain Lions.” At this point, it’s only for electronic publication.

Please, bear with me. I will be back. You might want to forage through my archives in the meantime. They are worth it. (My best blog work is probably behind me.)  I recommend especially my series of 8 or 9 essays on protectionism. They have lost no validity and they are especially intended  for the intelligent ignorant. They require no knowledge of economics or of economics jargon. I am also pleased with my few essays on fascism, a topical subject right now. They are addressed to the same kind of readers.

The hard, print version of my book in English: I Used to Be French: an Immature Autobiography, is still not ready. It’s frustrating as well as embarrassing. (I won’t say why to protect the guilty.) It’s happening though. When I finally hold it in my hands, it will be a little bit like having a hot date at the tenth-year reunion with the girl you were lusting for in high school: Nice but not what it could have been.

Anyway, it will be for sale on Amazon and also available directly from me through my email when it’s ready ($17 plus $4 for posting).

The electronic version is on Amazon, Kindle only. It will be available for all reading devices July 30th.

La Complainte du travailleur francais immigré en Californie.

Voici, ci-dessous, le texte complet de mes memoires en Francais. Mes memoires en Anglais,- 400 pages – vont paraitre bientot: I Used to Be French: an Immature Autobiography. ($17)

Du métro Botzaris aux rives du Pacifique, ça fait quand même une bonne trotte. Bien sûr, je n’ai pas fait le trajet à pied ni en vélo mais cela m’aura quand même pris un demi-siècle, pratiquement. Physiquement, j’y suis arrivé plus vite que cela, bien sûr. Mais après avoir initialement planté mes pieds dans le sable, pour vraiment m’installer, pour m’y retrouver bien à l’aise, il m’aura fallu un bout de temps.

Que je parte là-bas, ça devait arriver puisque je suis né dans le quartier de Paris qui s’appelle (qui s’appelait?) « Carrières d’Amérique ». J’y étais donc bien prédisposé; c’était plus ou moins le destin qui le voulait! Par deux fois ou plus, j’ai donc mouillé mon ancre « Made in the dix-neuvième arrondissement » en Californie, cette fausse île merveilleuse et imaginaire qu’inventait Herberay des Essarts au début du seizième siècle, (à moins que ce ne soit l’Espagnol Rodrigues de Montalvo).

En réalité, je triche un peu en évoquant mon installation aux « rives » du Pacifique. En fait j’ai bien un modeste voilier dans le port mais ma maison n’a pas la vue sur la mer. Elle est même située à plus d’un kilomètre de l’Océan Pacifique. Il s’en est fallu de peu pourtant, d’un petit million de dollars, à peine. J’aurais dû être plus hardi à réclamer des augmentations. Ou alors devenir chirurgien-cardiologue. (Mais je n’en avais ni la patience ni le talent ni le courage, enfin, rien!) Ou bien, faire carrière dans la police locale – celle du shériff – avec une excellente retraite à cinquante-cinq ans et un emploi à mi-temps pour finir de payer les traites. (Mais je n’y ai même pas songé; c’est trop bête!) De toutes façons, avec mon accent francais, aucune chance d’être élu shériff; je serais resté employé et donc subalterne, (« Sheriff’s Deputy » – Oui, Sheriff, c’est un poste électif.)

Quand j’étais ado, à Paris on nous disait, on dit toujours aux jeunes, je crois: « Passe d’abord ton bac ». Moi, j’ai eu de la chance en devenant deux fois de suite non-bachelier. Le première fois, j’avais même obtenu la mention « Très mal ». On m’avait tellement seriné que sans bac on n’arrivait à rien que je me suis tiré en douce, presque sans prévenir.

Avant que je ne parte pour de bon, il y avait eu plusieurs aller-retour entre Botzaris et la contrée de mon choix, comme autant de rêves complexes et détaillés. Un jour, ayant raté le dernier métro, je suis parti à pied d’un bistrot des Halles pour rentrer chez mes parents, Avenue de la Porte Brunet, sur les boulevards dits « extérieurs », ceux « des Maréchaux ». Et puis, je ne sais pas trop comment, je me suis retrouvé à Sausalito en Californie. (C’est la petite ville charmante de Jack London, exactement de l’autre côté du pont dit du « Golden Gate ».) J’ étais assis au « No Name Bar », (au « Bar sans nom », comme son nom l’indique) à baratiner une blonde un peu grasse mais pas plus vulgaire que ça, somme toute. Un autre jour, j’ai quitté la cascade en béton armé des Buttes-Chaumont pour arriver, en fin de compte, au Grand Canyon, en Arizona. Tout près de là, j’avais acheté dans un Mont de Piété situé dans un réserve indienne un beau collier Navajo en argent et turquoise au motif dit de la « fleur de courge ». C’était un cadeau de mariage pour ma petite soeur, en France.

Par deux fois, pendant que je faisais mes études aux Etats-Unis, je suis vraiment allé rendre visite à mes parents à Paris. La première fois, faute de fonds, je l’avais fait en auto-stop. Je suis revenu ici, chez moi, en Californie, de la même façon. Bon, je suis bien obligé d’admettre que pour traverser l’Atlantique nord dans les deux sens je n’ai pas fait de bateau-stop. Je le regrette beaucoup. Quelle histoire cela ferait! J’aurais pu au moins essayer de faire la propreté sur un cargo pour payer mon passage. (Mon service dans la Marine Nationale, «la Royale », aurait suffit pour faire entendre au capitaine que je ne souffrais pas trop du mal de mer.) En fait, j’ai simplement acheté un billet bon marché sur un paquebot d’étudiants, une fois, New York – Le Havre, dans les deux sens. La traversée a été la fête à chaque fois. Le passager le plus âgé devait avoir environ vingt-cinq ans. Etre en croisière a un effet d’énervement sur les sens des jeunes filles, un peu comme Venise ; les jeunes filles reviennent souvent jeunes femmes des croisières en mer.

Le plus dur dans cette traversée n’a pas été le trajet Los Angeles-Chicago (la « Route 66 » de Nat King Cole ) comme on pourrait le penser. Le plus difficile, ça a été le tronçon Le Havre-Paris. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont fait rester en Amérique pour de bon. Quand je poireautais au grand soleil de plomb, en plein été, dans le Midwest, les petites vieilles sortaient de chez elles portant un plateau de citronnade glacée à mon intention. En stop sur les routes de Normandie et d’Ile-de-France, les petites vieilles…rien. Que vous-dire? Et bien la vérité toute simple, tout simplement: En France, si on est inconnu, on est toujours un peu le Boche de quelqu’un.

Comme presque tous les immigrants, j’ai commencé par faire la plonge en Californie. C’est une expérience salutaire, égalitaire. A force de faire la plonge, plus tard mais assez vite, j’ai pu m’offrir le luxe de devenir plongeur (sous-marin) dans mes loisirs. J’ai même fait un petit livre la dessus avec un copain de plongée, américain de naissance lui, pas un livre sur la plonge, mais bien un livre sur la plongée. (Free Diving in California.)

Pendant un moment, pour gagner ma petite vie d’étudiant, j’ai même fait le guignol. Je ne veux pas dire que j’ai fait le con sur une estrade. Plutôt, j’ai appris aux enfants d’un centre de loisirs et de plein-air à fabriquer des marionnettes et puis à les mettre en scène. (Comme c’était un centre de loisirs juif, je me suis abstenu de mettre en scène la Nativité. Pas si bête!) A une autre époque, j’ai enseigné la natation à des bébés. C’est un attrape-couillon pour les mères super-compétitives de la classe moyenne, bien sûr. Il n’y a pas de bébés nageurs. C’est une question de développement musculaire. La plupart des bébés, si on les lâche dans la piscine, ils coulent à pic avec un grand sourire aux lèvres. C’est comme si ils se souvenaient de l’apesanteur dans le ventre maternel. Le grand sourire permet néanmoins de faire des photos impressionantes qu’on agrandit en affiches formidables, toutes truquées dans leur intention.

La deuxième fois que j’ai quitté la France en dehors des vacances universitaires, c’était pour de bon. J’ai laissé derrière moi, un très bon job (comme on dit en Franglais) dans la fonction publique, et aussi, la mort dans l’âme, le pâté de campagne. Mais, de l’autre côté, j’ai découvert le guacamole tout frais. On le fait en écrasant la chair bien mûre de l’avocat avec du jus de citron, plus des ingrédients secrets. Il y avait même des avocats qui pendaient au grand arbre d’un petite cour secrète de mon université. Je parle des fruits nommés à partir du Nahuatl, la langue des Aztèques cannibales. Les autres types d’avocat, ceux qui portent la robe noire, on les pend normalement à des potences.

Ici, en Amérique, il y avait des livres, des livres partout. On avait le droit de les toucher sans se faire engueuler par la préposée, même à la bibliothèque. Il y avait aussi des biblothèques partout d’ailleurs. Celles de la moindre petite ville contenaient plus de livres que, plus tard, la bibliothèque centrale du centre de Paris, au Centre Pompidou. Même dans les librairies on avait le droit d’ouvrir les livres, de les parcourir. En plus, on pouvait s’y asseoir confortablement pour boire du café tout en feuilletant les ouvrages qu’on n’avait même pas achetés, qu’on allait pas acheter du tout. Jamais vu, ça!

Tout seul aux Etats-Unis, au début, ça n’a quand même pas été facile tous les jours. Mais, il y avait les filles, des tas de filles, une avalanche de filles. J’ai même bien failli y laisser ma peau! Je ne veux pas dire que j’ai manqué mourir d’épuisement. Je veux dire que je risquais a tous moments de me faire trouer la peau par une balle bien placée. Enfin, je passe!

Pendant que tout le monde en France était « Marxiste » à ce moment-là, j’étais aux premières loges tandis qu’on transformait les vergers de pruniers (façon Béziers) en un immense parc industriel. Je veux dire le parc surnommé “Silicone Valley” qui a changé la vie pendant ma vie. En France, comme je l’ai dit, tout le monde s’affairait alors à devenir Marxiste ou à le paraître. Ceci bien longtemps après qu’il soit devenu impossible de prétendre ne pas être au courant des horreurs du Goulag ni de celles du « Grand bond en avant ». Ceci, alors que Fidel s’entêtait toujours et encore à mettre les homosexuels en prison, pour leur donner une bonne leçon.

C’était aussi au moment où son copain Che Guevara (« le fusilleur») allait libérer les paysans boliviens. Ces petits propriétaires terriens avaient tellement envie de libération qu’ils l’ont livré à l’armée. On connait la suite. Il aurait dû me demander mon avis, Che. J’y étais, dans la même Bolivie rurale, juste un an avant lui. (J’y étais grâce à une bourse de la Fondation Ford, les salauds !) Je lui aurais dit, au Che: « N’y vas pas, Ducon ». Il s’était avéré que le Che n’avait pas lu Marx, ou mal lu. Il en est mort. C’est ce que j’appelle des études rigoureuses, sans laxisme.

Il y avait aussi cette vieille salope de Jean-Paul Sartre, bien sûr, qui ne voulait à aucun prix désesperer Renault-Billancourt. Plus haut sur l’échelle sociale, perchait l’imbittable escroc de grande volée Claude Lévi-Strauss qui avait réussi à intimider plusieurs générations d’intellectuels francophones, moins deux (le courageux Jean-Francois Revel et le noble et digne Raymond Aron). A mon sens, Lévi-Straus avait construit une grande carrière universitaire exemplaire sur la base d’un tout petit livre de voyage charmant que tout le monde avait lu « Tristes tropiques » et d’une série de gros ouvrages aussi impénétrables qu’improbables que personne n’avait lus. Je ne me souviens que vaguement de cet autre intellectuel parisien, un philosophe, “Marxiste” lui aussi, qui avait assassiné sa femme. (“Nobody is perfect!”)

Disgression technique: Je ne blâme pas Karl du tout pour la lamentable bêtise de l’intellectuariat parisien des années 60, 70, jusqu’à 80. Non seulement il savait écrire, lui, Karl ; mais il savait aussi lire. Il avait même lu “La Richesse des nations” d’Adam Smith, ce dont on ne saurait accuser ses disciples hexagonaux. D’ailleurs, il avait pris soin de mettre les choses au point de son vivant. “Je ne suis pas Marxiste”, avait-il affirmé avant de mourir. (Marx, pas Adam Smith, Adam avait passé l’arme à gauche bien avant.)

Moi, pendant tout ce temps-la, je progressais sans états d’âme. Au beau milieu de l’un des derniers vergers de Palo Alto, du mauvais côté de l’autoroute, à deux kilomètres de Stanford, il y avait un petite château. Je veux dire un château d’eau tout en bois, comme un énorme tonneau sur échasses. La vieille dame noire entreprenante à qui il appartenait l’avait transformé en studio rustique, avec cuisinette et douche, qu’elle louait. C’est là que j’avais tranquillement rédigé ma thèse. On y montait par un long escalier de meunier en bois. On y entendait de loin, de tout en haut, le clapotement des talons des filles qui grimpaient l’escalier en vitesse parcequ’elles avaient pris sur elles de venir soulager ma solitude.

On disait de la localité qu’elle avait l’un des taux de criminalité les plus élevés d’Amérique. Moi, je ne voyais de mon perchoir que des abricotiers en fleurs, puis en feuilles, et une tribu d’écureuils gris. J’étais trop pauvre pour valoir qu’on m’agresse, ou qu’on m’y cambriole, d’ailleurs. Les malfaiteurs locaux, tous noirs, n’étaient pas racistes; ils volaient les riches et les presque-riches sans distinction de couleur. De moi, ils devaient se dire: «Il est complètement timbré ce blanc-la, descendant de son baril en pantalon du surplus de l’armée éraillé, avec ses liasses de paperasses sous le bras. Même ses godasses ne valent rien, le con!»

C’était juste après que je sois rentré d’enseigner à Hawaï, dans une belle île où on ne me payait pratiquement pas. Mais la plongée sous-marine y était fabuleuse et le soir, on allait contempler l’éruption volcanique à deux pas au lieu de regarder la télévision. Un peu plus tard, j’ai eu un doctorat, un «piechdi», comme on dit, les doigts dans le nez, sans blague. Je suis quand même resté inadmissible en première année des universités françaises. Je n’invente rien! A propos, mon diplôme était en sociologie, qui n’a à peu près rien à voir avec la discipline française du même nom. (En Amérique, on a bien suivi le chemin tracé par le Français Durkheim, Emile, en France, pas tellement.)

Il y avait du soleil presque toute l’année en Californie. Ce n’est pas la faute des Francais, bien sûr, ni même du Parti Socialiste, ni des fonctionaires, si leur pays se trouve à la latitude de Terre-Neuve (de Saint-Pierre-et-Miquelon, si vous préferez.) Mais cette septemtrionalité n’arrange pas l’humeur des ces méridonaux exilés que sont les Français. Sur moi, la brièveté de l’automne et de l’hiver californiens a fait l’effet des lumières de la rampe s’allumant d’un seul coup. Cela a transformé ma mentalité, la vision que je jette sur le monde, à jamais. La grande lumière m’a fait plus tolérant, plus entreprenant; elle m’a même rendu plus gentil, du moins, à la longue, du moins, dans une certaine mesure.

J’ai habité un moment à San Francisco-même. J’y faisais des affaires. Je faisais le conseil en commerce international. C’était juste après que mon livre (avec mon co-auteur, Eric Multhaup) ait gagné un gros prix francais. C’était un livre sur le quoi et le comment de faire des affaires aux Etats-Unis: « Les Clefs du labyrinthe. » San Francisco-ville, c’était gai jusque à ce que « gay » ait finir par signifier « triste » parce que tous les amis étaient en train de mourir du SIDA.

Je suis devenu prof finalement (dans plusieurs universités) parce-que j’étais curieux et paresseux à la fois. J’ai assez vite découvert ma vocation, ma mission d’enseignant. Elle consistait à faire admettre aux autres, aux jeunes comme aux moins jeunes, qu’ils étaient plus intelligents qu’ils ne le pensaient. Parfois, c’était à coups de pied au cul. Il faut ce qu’il faut! Je dis «aux moins jeunes» parceque, pendant longtemps, j’ai enseigné dans un programme de MBA où la moyenne d’âge des élèves était de vingt-huit ans. Cela se passait au beau milieu de Silicon Valley. Plusieurs des mes élèves sont devenus millionaires par la suite. Encore plus nombreux sont ceux qui ont simplement atteint une belle prosperité. Foutu capitalisme! Ça parait injuste! C’était moi qui donnait les notes, après tout!

J’ai passé quarante ans et plus dans les universités américaines, trente comme prof. J’y ai fait des travaux scientifiques tellement calés que je ne les comprend pas tous les jours moi-même. Et j’ai enseigné aux centaine, peut-être aux milliers, toujours les mêmes trucs, tellement peu de trucs que je pourrais presque vous les résumer ici. Pendant longtemps, j’ai assez aimé ce métier. Comme Socrate, je corrompais la jeunesse. De plus, on me payait pour le faire. On me payait aussi pour lire des livres. (C’est cela qui rendait difficile d’exiger des augmentations sur le ton indigné qui fait mouche avec les patrons.)

En fin de compte, ce qui m’a vraiment decidé à rester aux USA (comme on dit en Franglais), c’était la musique d’abord et puis, l’eau, ensuite. La musique, c’est assez évident. 90% de la gastronomie du monde entier a son origine en Chine ou en France. De la même façon indisputable, 90% de la musique, des chansons, viennent des Etats-Unis. C’est tellement vrai que rare est le film « Made in France » qui ne comporte pas au moins une chanson américaine. Les réalisateurs français se rendent bien compte qu’il n’y a plus de « cool » – comme on dit en Franglais – dans la chanson française depuis longtemps, depuis Brassens, au moins, depuis François Villon, le voyou-poète, peut-être.

Et l’eau maintenant. Dans toute mon enfance, dans toute ma jeunesse en France, et au cours de mes nombreux séjours dans mon pays d’origine, je ne suis jamais arrivé à ce qu’on me donne plus de deux glaçons dans mon verre de boisson fraîche (jamais, never, nunca, nimmer!) Pas à n’importe quel prix, dans n’importe quel établissement, aussi cher soit-il, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. « Faut pas exagérer » pensent les garçons de café tellement fort qu’on les entend presque prononcer les paroles. Et aussi : « On n’a pas toujours ce qu’on veut ». Presque partout, en Amérique, on place un verre rempli de glaçons à côté de vous automatiquement dès que vous vous asseyez, même si vous n’en voulez pas (sauf sécheresse exceptionnelle).

Par ailleurs, il y a la cause des douches chaudes, vraiment chaudes, à durée indeterminée. On en rencontre en France, de temps en temps, j’en conviens, chez des particuliers et même dans certains hôtels plus ou moins mal gérés ou, par négligence, on ne règle pas le thermostat vers le bas. Pourtant, c’est toujours un peu la lotterie. La chasse à la douche chaude doit épicer la vie des Français, je me dis, sinon, ils auraient résolu le problème depuis longtemps. Ce n’est pas le savoir-faire plombier qui leur manque, en tous cas; ils ont quand même inventé le bidet.

Je suis persuadé que la vie, c’est la vie de tous les jours, que c’est le quotidien qui compte. Alors, mon idée simplifiée du bonheur, c’est de déguster, sans me presser, une boisson froide dans un verre rempli de glaçons assis bien à l’aise sur une chaise en bois, tout nu sous une douche brûlante. Un rêve à peu près irréalisable en France, je crois bien! Demandez-vous donc pourquoi. (Je ne vais pas vous le dire car je n’ai pas besoin d’ennemis supplémentaires, même loin de chez moi.)*

En vertu du même principe de ce que la vie, c’est la vie quotidienne, je tiens le compte des têtes de con rencontrées sans les chercher. Voici la définition scientifique d’une tête de con: C’est quelqu’un qui est désagréable avec moi sans me connaître assez bien pour avoir des raisons de l’être. Je crois bien que j’en rencontre plus en France en quinze jours qu’aux Etats-Unis en quinze mois. Les gens sont simplement beaucoup plus gentils, en moyenne, dans ce pays-ci qu’en France. (Même si on y tue plus qu’en France. On ne peut pas tout avoir, comme pensent les garçons de café.)

Je sais bien que la France est pleine de jolies villes pimpantes. En Amérique, par contre, la plupart des villes sont d’apparence quelconque et il y a souvent des détritus dans les caniveaux. Ça fait un peu Tiers-Monde, à dire vrai. Cela m’irrite, bien sûr. Et puis, je me rappelle que beaucoup de ces jolies villes françaises ferment trois heures avant le coucher du soleil en été. Ici, nos villes ont de l’animation. Les ville françaises, elles, ont des animatrices. Pas du tout pareil!

Malgré les apparences et malgré la distance, il y a beaucoup de continuité entre mon passé et mon présent, entre mon ancienne vie et celle d’aujourd’hui. Par exemple, à chaque fois que je gare ma voiture près de la Plage du Port à Santa Cruz, Californie, deux mouettes se relaient pour chier dessus en altitude. Je donnerais presque ma main à couper que ce sont les mêmes qui chiaient sur mon bus Volkswaggen quand j’étais hippie, brièvement, en 1967, au Portrieux (dans les Côtes d’Armor, autrefois mieux nommées: “Côtes du Nord” à cause de la température de l’eau de mer). Mais, je me raisonne. Ce n’est pas possible, ce doit être leurs petites-cousines.

«La France vous manque-t’elle, cher ami», on me demande à tout bout de champs? Oui l’île Saint-Louis me manque un peu, et aussi les côteaux de Bourgogne. Mais comme je n’avais été ni invité à l’une ni propriétaire dans les autres, ce n’est pas grave.

Ici, la banque et moi possèdons une jolie maison de style victorien sise exactement entre la mer et les sequoias. Mes grands-pères étaient encore gamins quand elle a été construite. Il y a dans ma cour arrière un pommier, un cerisier, un figuier, et deux citronniers, plus un prunier, qui donnent tous. (Heureusement, pour le prunier; il y a beaucoup de mecs de mon âge qui ont du mal à aller. Moi, ça va toujours pour aller mais on ne sait jamais. Un de ces jours je vais aller dans la direction où on ne va plus si facilement.) Le tout n’est déjà pas mal. A propos de rien: La police a capturé un puma derrière l’officine de mon dentiste il y a seulement un mois. Ici, on a su construire les villes à la campagne. (A propos, on a envoyé le puma, un jeune, un ado, en colonie de vacances dans la Sierra Nevada en lui interdisant de revenir.)**

Non, ce qui me manque vraiment parce que c’est introuvable et même inconcevable dans ce pays-ci, c’est la tête de veau sauce ravigotte. J’ai bien pensé à me la préparer moi-même en suivant une recette sur l’Internet (cette belle invention francaise. Ah, non, je me trompe, c’était le Minitel!) Ou alors, je pourrais essayer d’en trouver la recette classique dans mon exemplaire écorné de «La Cusine familiale et pratique» de Pellaprat (édition 1974).

J’aurais sûrement mis mon plan à exécution depuis longtemps si je vivais dans le Midwest où les gens sont plus conventionnels et plus proches de la terre. (J’en suis sûr, j’y ai habité quatre ans, en Indiana pour être précis.) En parlant d’éxecution, chez moi, à Santa Cruz, Californie, on est très écolo-sensible. Je saurais préparer une sauce ravigotte mais couper la tête du veau dans mon arrière-cour ne parait pas pratique, vu d’ici. La voisine de gauche, la garce qui a eu trois maris tués sous elle, appelerait les flics.*** Et je n’ai pas envie de devenir la préférée de la branche locale de Mafia mexicaine en prison, même pas pour une seule nuit!

Depuis longtemps immigré, j’éprouve une constante angoisse: D’un côté, la tête de veau ravigotte, et la tête de con, les paupiettes, la blanquette, le foie gras. (Ce dernier est franchement hors-la-loi en Californie, contrairement à la cannabis, par exemple.) De l’autre côté, un potentiel sans limites de créativité parmi des gens aimables, et des livres en abondance. Comme je vous le disais plus haut, on ne peut pas tout avoir.

Bon, alors, je m’arrête. Je voulais seulement vous donner une idée de mes souffrances existentielles de travailleur immigré. Et puis, il faut bien préciser avant de vous quitter que je n’étais pas parti m’installer à l’autre bout du monde grâce aux sous de Papa. (Il n’en avait pas de sous, Papa; je suis fils de flic.) Non, j’ai fait tout ça avec seulement ma bite et mon couteau (mon canif, quoi).

Pour finir, un mot de La Bruyère (dans « Les Caractères » : 80-IV):
«Ceux qui nuisent à la réputation ou à la fortune des autres plutôt que de perdre un bon mot méritent une peine infâmante.»

Ça, c’est moi tout craché (comme disait ma mère, Yvette).

*  « The Watershed » Liberty Unbound June 2010 24-5.
** Ce n’est pas la première fois, et de loin, qu’un puma (un cougar) se promène par chez moi. Voir mon l’histoire vraie, le conte, sur ce mon blog : « Les Pumas de Bécon-les-Bruyères. » factsmatter.wordpress.com
*** Voir le conte : « C’est presque pareil partout. » sur mon blog.

© Jacques Delacroix 2013

Bientôt, d’une manière ou d’une autre, mes mémoires (quatre cent pages) vont paraître en Anglais. Suivez mon progrès et partagezle  sur mon blog: factsmatter.wordpress.com

Conjugal Relations

My wife and I are discussing our investments. We don’t have investments because we belong to the hated 1% – wish we did – but because neither of us has a pension. She is annoyed because she does not understand some arcane point of finance.

Promise me you will die after me she blurts out. (She does not want to learn new, boring stuff.)

I don’t think so, I say, without missing a beat.

Selfish, self-centered, narcissistic, sexually ambivalent bastard, she throws out across the kitchen table!

The last charge holds no truth at all. I am a straightforward crude T and A guy. She is just doing her best to make me feel the horror of her hatred for me at that moment.

Yes, I know, men and women are almost exactly the same. That’s except when they are not. Would I ever think of calling her the same?

How about that coffee you promised me, I ask innocently?

I won’t prepare it because you refuse to promise that you will die even one second after me and you can put the coffee up your… (Note the illogicality.)

If you keep using this rude language, I threaten, I will put it on my blog.

You wouldn’t dare, she exclaims.

Done!

Global Junk Science: a Small Window

I meet two young traveling Frenchmen at the coffee shop. I like the new French more than I liked the old. For one thing, they tend to know English fairly well. This helps them shed the monumental French parochialism (“provincialisme,” in French). Perhaps as a consequence, they are generally more friendly than the previous generations of French people I have known. And, by the way, I wish I had the power to end a tenacious legend once for all: It is not the case that the French “hate Americans.” They just don’t like anyone very much; they are not cordial to any strangers. I feel a glacial wind blow all over me whenever I land in France, that’s although my French is perfect, by the way.

OK, that was a digression. I was also well disposed toward these two young French men because they reminded me of me: It’s true that I itched-hiked across the country and back, at their age. One of them is helping his mother with two restaurants, one on the Riviera, one in Strasbourg; the latter is called, “le globe-trotter.” I like that. The other French guy, age 22, is studying engineering, engineering of “sustainable energy,” he specifies.

I am a weak man, I have trouble with temptation; I can’t resist this one, of course.

Why sustainable, I ask. Isn’t it true that we have more proven reserves of petroleum than ever before?

He readily assents but, he asserts, petroleum is very bad for the environment.

Interestingly, that young man is not especially eager to tell me about climate change. Instead, he affirms that the burning of fossil fuels causes holes in the ozone layer with deadly consequences for humans. This sounds like deja vu (as we say in English), something from ten years ago, but what do I know? It’s possible that the problem has come back and that I am not aware of it. I make a note to check into it.

What kind of alternative power producing methods do you favor? I ask him further. I am eager to avoid discussions of solar power because I live in Santa Cruz where I get more info about the topic than I can begin to digest, including a solid dose of mendaciousness.

Let me sum up my non-dogmatic position about solar power. First, I recently disconnected my old passive solar water pre-heating system because it did more harm than good. Perhaps, a better person, a more virtuous person (I was going to say a more pious person) would have obtained better results from it than I did. Me, I don’t have the time or the patience; I have many unimportant things to do. Second, every time I ask for estimates about installing a modern solar heating or electricity producing system in my house, I am forced to realize that amortizing it would take thirty years. It’s not worth the bother. Perhaps, if I were a twenty year-old home owner. Perhaps if I put a little religious zeal behind the project. Third, I think solar power is wonderful doing what it’s currently doing all over America. I mean providing power for emergency telephones on highways and keeping boat batteries charged during long lulls in boat use.

Incidentally, reliance on solar power in poor countries such as India is another topic altogether. I said nothing about it this time

More incidentally, my skepticism is not of the same nature as the faith of many solar advocates. It’s no symmetrical to it. I don’t “believe” that solar power is worthless. All it would take would be a single good technical innovation in solar energy production to erase my skepticism. It would not take a profound experience of the kind St Paul experienced on the way to Damascus, for example. If I became converted, I would still be the same person, with all the same few virtues and, I hope, the same vices.

What sustainable technologies do you favor? I ask the young man pretend-innocently.

Tide-activated power plants, he answers simply.

It turns out I have some familiarity with the topic. I lived near the first one ever built anywhere. It was in France, inaugurated in the early sixties. I skin dived and speared fished and collected shellfish both upstream and downstream of it. I have no objection to this technology. Forty years later, we know it does not do any serious damage to anything. Even sailors have become used to it. There is even a certain elegant simplicity in its design: Tide comes up, turbines activate, water comes back down, turbines activate again. That first tidal dam doubles as a bridge that was needed at that spot anyway. No problem, as far as I am concerned. I am pretty sure the tidal power technology must have improved in fifty years; it should have, yet….

I ask the engineering student: Why are there only four in the whole world? Does this indicate something wrong, impractical, uneconomical, or something with this technology?

No, he states with perfect self-assurance but with courtesy, you must be wrong; there are thousands of them worldwide.

So, if I looked, I reply, I would easily find hundreds of tide-powered plants?

Absolutely, he affirms.

I go home and I do the obvious, the easiest thing: I look it up in Wikipedia. I was wrong, it turns out; there aren’t only four tidal plants in the world in actual operation, there are eight (8). I was wrong by fifty percent or one hundred per cent depending how you count.

Then I turn to the Wikipedia entry on “ozone hole.”

It has an unfinished look. It seems much like a work in progress or perhaps, a work abandoned in mid-course . The only citation in anything resembling a scholarly journal dates back to 1985. It’s side by side with references to the Huffington Post and even to Mother Jones. There is also in the entry interesting and reasonable speculation about nefarious indirect effects of ozone depletion on melanoma (skin cancer). There is no real health study, not even a crude one.

My young French interlocutor seems wrong here too.

Is it possible that the a deeper search would shore up more sturdily the case for ozone depletion and human health? It’s possible. I think it’s frankly unlikely. There are enough English speakers on the globe interested in such issues for the Wiki entry to be reasonably well updated.

How about the tidal plants? Could there be many more? My answer is a resounding “No.” Power plants are easy to count and hard to miss. Perhaps Wikipedia is much out of date, perhaps there are twice more than it indicates. That would be sixteen (16). That is still a tiny number. My original question remains intact: What’s wrong with this superficially appealing technology?

Why did I find out in my conversation with this young hands-on environmental activist and through its follow-up?

1 The French educational system (or his particular engineering school) is very bad;

2 He does not care about facts. He does not care enough to check with ten keystrokes something important to him. Sounds familiar?

You decide.

First World Camping Problems, USDA Tyranny, a Fish Story, and Some Epic Snapshots

[A slightly updated version of a post that first appeared on The Libertarian Liquidationist]

I went on a 50 mile hike in the Absaroka-Beartooth Wilderness (Montana) the week before last. The trail is called “the Beaten Path”. That doesn’t really mean much. It wasn’t rock climbing or cliff scaling, but it wasn’t far removed at times. Or at least it seemed that way with our heavy backpacks and the average of ten miles we covered each day. Two good friends (from Cheyenne, Wyoming) and I camped below the mountains on Saturday night (August 3rd). A $9 fee and the roads on the way there were still super-crappy. What gives? Wasn’t that supposed to be one of the things governments were good at?

Add to that my $26 fishing license (right in the middle of the year-long season, and just past the height of that season) and we’ve already been taken for 35 Federal Reserve Notes. I understand the need for wise management, but does licensing really solve it (to say nothing of the natural right to catch fish)? I’m not so sure. Charging everybody the same fees for what end up being different costs imposed by them can’t be anything but inefficient. In my case, it incentivizes me to go out and fish more than I otherwise would, imposing more costs, just to make it worth getting the license. Considering that I never catch anything, I have a lot of fishing to squeeze between now and the season’s end.

Just how bad is my fishing? I brought a nice little pole that comes with a cast reel and a fly reel. I stimulated the local economy by purchasing several fancy new lures (having temporarily misplaced my other good ones). What could go wrong? Well, within the first five casts my lure got snagged on a rock at about 6 feet depth. I had to wade out to three feet of depth and alternately jerk and loosen my line from several positions to get it unstuck. Nothing I hadn’t had to do before.

I should have quit while I was ahead. Maybe another five casts later I outdid myself. If it weren’t for the fact that my reel had become loosened from the rod I know it would have been my farthest cast yet. Instead, the entire reel went flying out into the lake and the rest of the line hung up on the rod. Not wanting to lose my reel, I panicked and dove in after it. I figured, “8 feet? This will be a cinch!” After going head first to the bottom (the sun was behind the clouds and I was stirring up the mud, so I couldn’t see it) four or five times I decided it would be best to pull on the line until it was completely unraveled and hope that it was tied to the reel. Luckily it was. I was happy to recover all my gear, but I was soaking wet and the sun wasn’t out. Luckily no one witnessed my floundering. No doubt my friends would have gotten a kick out of it.

On my way back to camp, dripping, shivering, holding my tangled line and my dismembered pole I was stopped by some ranger chick (the US Forest Service is an agency of the US Department of Agriculture). Just what I needed. She detained me for about five minutes to ask me where I was from, where I was going, how far away our campfire was from the lake, whether we knew not to burn our soup cans, etc. She was at least nice about it (heck, she didn’t even mention the Glock 40 belonging to my friends’ brother, strapped to my belt, or ask to see my fishing license) and eventually realized how uncomfortable I was and said she would come to our campsite later to finish her lecture. Which, of course, she did. She had no problem telling us that we were her worst demographic, three young men. Can you imagine a police officer saying that to a black teenager in a large urban area? I’d say that’s profiling, but I digress. She told us she was going to be off for the next two days but when she came back she would be checking up on us. Add to the profiling some harassment. We had yet to be told or to admit that we had broken any “rules” (which, of course, we had). Luckily we managed to evade her the rest of the hike, but we made sure not to have any extra fun lest we incur her wrath.

So I was basically done fishing on the first day unless I wanted to fly-fish or untangle my other line. I did try a little fly-fishing at one lake a few days later but didn’t catch anything. Luckily, four or five gentleman from Chicago (with thick former-Soviet bloc accents) whom we camped near saw I had no luck and offered us some of their surplus. Five fresh trout. Of course, we had to gut them ourselves, but it was worth it. I wrapped them in aluminum foil and seasoned with lemon juice, garlic, dill, black pepper, red pepper, and salt. Then I put them on our grill over our camp fire for 20 minutes. If I swallowed any bones, I didn’t notice. As a courtesy, in the morning we gave them a package of noodles we would have otherwise eaten the night before. Does that qualify more as reciprocal gifting or as barter? I hope for their sake those boys had their Montana fishing licenses (better yet, that they didn’t have them but managed to dodge the rangers), though as out-of-staters it would have cost them an arm and a leg.

We camped again the night we got back down. Another $9. 46 FRNs total. Roads were still pretty bad. No hand sanitizer or lights in the bathroom facilities. Almost no good firewood other than some dead, dried pine boughs and a giant old stump which we put set aflame around 7:30 PM. It took two of us to drag it to the fire and all three of us to lift it into the fire. A lot of the weight came from the few large stones that the root system had wrapped itself around. It was 3:30 AM before I decided to douse the fire. The stump was still there. It was a lot smaller, and in two pieces, but still could have burned another hour or two on its own. My one friend had turned in around 11, the other one was up with me until about 2. I knew if I went to bed as early as they I would be awake, tossing and turning after only a couple hours’ rest. Plus, being a night owl, I couldn’t help it.

I’m not sure what our backpacks weighed, but even a week after we got back (on August 9th), my shoulders were still a little stiff, and even now, two weeks later, my right knee aches when I straighten my leg out. Even with all this, I had a great time.

Patriotism, the Last Refuge of Scoundrels

I have Obama ennui and petroleum fatigue so, here is a story.

In spite of its title, this story is largely about feces so, if you have a weak stomach, stop right here. It’s also about my war, stretching over several years, against raccoons.

I live close to downtown on a parcel that includes four bearing fruit trees. This ought to make me gloriously happy because I was reared in a big city where I always longed for the countryside. Now, for me, on a small scale, the old wish that cities ought to be built in the countryside has come true. The problem is that a tribe of impudent raccoons lives nearby on an untended cliff. For half the year, one or another of my trees is bearing fruits and the raccoons make nightly visits, singly or in groups. Generally, that would be OK with me: Share and share alike, I say. However, raccoons apparently feel the need to defecate soon after they eat, nearly always on my property, in this case. In fact, they are so regular (so to speak), that they always do it on the roof of a low shed adjacent to a lovely small sun-deck. I spent significant money two years ago to build a grape arbor above the sun-deck. I had visions of myself writing outdoors and lazily reaching up for my own dangling grapes.

In the past, I have won indecisive victories with a b.b. gun used at close range. I say indecisive because, one particularly ornery old mama I had shot in the ass several time retaliated by leaving a turd right plum in the middle of my bathroom’s skylight. Continue reading

The Mysteries of Nature

There is a big stupid redwood tree in the tiny plot in front of my house. It’s stupid because it would be much better off in the forest with its brothers, less than two miles away, rather than littering the sidewalk and threatening my roof. To make matters worse, the utilities company appears to have the right to trim it any way it wants. So, my sequoia looks like an old toilet brush. The city of Santa Cruz won’t let me cut it down and it has the impudence to ask for a special high fee merely to hear my appeal.

Santa Cruz has no manufacturing. It was all run out of town in past years by the left-wing/Green political class. It’s squeezed between the usually breezy Pacific Ocean one one side and wooded mountains on the other. The wind is from the west, from the ocean, four days out of five. My stupid redwood tree right downtown is essential to maintain air purity, I am sure!

Anyway, the redwood tree has one redeeming virtue: It’s home to an abundant and varied fauna. At the apex is a large population of squirrels. They seem to be divided into two tribes, or two ethnic groups. One tribe is red with a tinge of brown, as you would expect in California. The other tribe’s coloring ranges from jet-black to kind of black. The racial strife between the two groups is incessant. At sunrise, they pursue one another across my roof. All day, they set ambushes and they chase the other guys up and down the tree and on the ground.

It’s not always clear what the squirrel warfare is all about. There seems to be plenty of living space for all (“lebensraum,” in German). Or it’s only the old guys fighting over mating rights. Or the old females just being bitchy. Or it’s the young guys that are aggressive because they seldom get any. I know however what they are not fighting about. They are not merely fighting about food as you would expect ordinary forest-dwelling squirrels to do, for example, that must tear each others’ eyes out for every tiny pine cone seed, even every little bitter-tasting acorn. Continue reading

Four Small Keys to Happiness

I have sorted thing out finally and I am old enough to have rid myself of nearly all social pressures on my preferences. I figure there are only four things I really like, four keys to my happiness. Here they are:

I like writing and I like re-writing. That’s any time of day or night that I am awake. I enjoy writing just about everything, including stories, essays, scholarly papers, but also advertising slogans, and even technical “how-to” notices. I write on my PC but also long-hand, even on the back of envelopes. Sometimes, people even read what I write. My friends think I have a self-esteem problem because I am pleased with just about everything I write. I have no clear idea of what they mean. I am mostly happy because I write nearly every day.

I like foods that taste like themselves, beef that tastes only like beef and fish that tastes like fish. There are a few exceptions though. It’s OK for tripe to carry other flavors. That would be cow stomach, served as menudo, in Spanish, for example. In season, I eat fresh cauliflower raw with a little vinegar. I can do that five meals in a row without tiring. As a rule, I will eat anything any other human being anywhere eats as long as it’s distinctive. I make only two exceptions: Ordinarily, I would not consume people, or even dogs whose name I know.

Nouvelle Cuisine is not for me. It’s just putting together foods that don’t belong on the same plate and sprinkling them with raspberry vinegar. California Cuisine just means eating fresh vegetables. My grandmother advised much the same and she was not from California. Almost any wine will do to accompany my food. I have no refinement in that respect (or in any other) and I don’t pretend to.

I am married to an intelligent, resourceful woman who would rather please me than not, at least much of the time. I am a decent cook myself. My tastes are not luxurious. Usually, my food is satisfying. So, I am happy most of the time.

A silvery, bounding fish hooked while trolling under sail on a sunny day at sea, I like desperately. Why “desperately”? Because it’s only happened four times. Each instance occupies an unseemly amount of space in my pleasure memory.

Making love ziplessly to a needy woman who is almost a stranger, I really, really like. It happened more than four times but it was a long time ago so, I am not even completely sure I was involved anymore.

© Jacques Delacroix 2008, 2009

The Blonde Queen of the Lower Andes: A Story

Thinking all the time about this country’s situation puts me in a blue funk. Here is a story to cheer me and you up. It’s one of my best.

I reached that mid-size Bolivian city in the lower Andes, on a research trip, the day before Bastille Day. I was an old undergraduate at Stanford at the time and still a French citizen. I reported my presence to the French consul, as required by law, as technically a member of the French Navy reserve. The consul was a Bolivian doctor who had studied in France and subsequently married, and then, divorced, a French woman. Bolivia being a landlocked country (bitterly so), the consul was not overwhelmed with naval business. He was glad to see me nevertheless and very cordial. He pressed me to attend the party he would give the next day on the occasion of the French national day.

It was a pleasant but schizoid event, starting with good French Champagne and ending with chicha, the soupy, local artisan corn beer. (Bolivians say that the fermentation of really good chicha starts with the spit of virgins. Just to make sure, they ask tiny girls to spit in the brew.) There was the usual mix of French expatriates and of Francophiles, most of the latter, probably silly unconditional Francophiles, plus some smart freeloaders.

The French expatriates often land in a particular town of a particular country at a particular time for no particular reason. They may have been heading somewhere else and gotten stuck along the way. They always include wives and former wives of natives who may have divorced them, or died. Coming from different epochs (such as before and after WWII), they form historical strata, each remembering a different France, and they entertain disparate and often incompatible visions of the fatherland. They have developed new habits in the country where they live and, without knowing it, they have drifted far from their culture of origin. That culture of origin, meanwhile, is itself changing, but in a different direction. Many expatriates disseminate more or less innocently patently false notions about the country where they were raised. Their French self is forever a young person, or even a child. Their own children are simply natives of their land of residence with a smattering of the French language and no real curiosity, forever strangers to their parents. Continue reading

The Good Old Days

Here is a story that’s more than a story.

All our food was organic and no one was overweight. We wore only natural fibers, from sheep and from the cotton fields of Africa.

Children did not get fat spending their days and nights in front of a stupid screen of one kind or another. We read instead.

No one was over-caffeinated or on pills. We rarely went to the doctor.

Kids with Attention Deficit Disorder did not disrupt any school.

We used water sparingly and washed our hair and bodies in simple, non-polluting soaps. We did not waste water or energy with long showers.

My own personal carbon footprint was close to zero, I am sure.

There were few car accidents, unlike now.  Continue reading

I Am Bored So Here Is A Story

I am not yet mentally ready to face squarely the fact that the Obama administration is going to do all the wrong things about our dire economy. Let me say again that Pres.-elect Obama is not the Anti-Christ. It’s just that you can’t implement policies the existence of which you don’t even suspect. Obama is a recognizable type. He is a Social-Democrat, European-style, circa 1970.

I am bored with current events. One more time, the Democratic Party has to deal with corruption in its Illinois branch. Reminder: a former Governor of Illinois is currently in jail. Gov. Blago was caught with his hand close to the cookie jar, not even inside. Big deal! The Democratic Party does not want to risk a special election to fill Obama’s Senate seat because of the tiny chance that a Republican might win. Makes me yawn.

The West Europeans are suffering from heating gas delivery cuts in the middle of the winter. Russia is cutting them off. My only reaction: It told you so, in the nineties!

The mayhem is continuing in Gaza. That’s boring too: Some Palestinian group gets up on a hill, pounds its chest, shoots in the direction of Israel with a .22, and promises aloud to obliterate the Zionist entity and to kill many Zionists. The Israelis get pissed off, they return fire with an M16. They kill hundreds of Palestinians; a handful of Israelis die. Then, anti-Semites worldwide join hands with mindless do-gooding tender-hearts and force Israel to stop. Everyone goes home until next time.

Hamas, lying on the sidewalk in a pool of blood, with two broken legs, a skull fracture, and one eye missing declares victory. The Arab world cheers!

A question lazy journalists don’t ask: The current death rate of Gaza residents at the hands of Israel is comparable to the homicide rate of what country? (Relevant blog: Nationamasterblog.)

As I said, I am bored. I don’t seem to be the only one. Today at noon, every major television network showed us an empty room awaiting impeached Gov. Blago to arrive to make a meaningless declaration instead of broadcasting Gaza and surroundings.

You may be bored too so, here is a completely unrelated story. Continue reading

Racial Profiling at its Best

Here is a story and a sociological essay all rolled into one.

My son the recent college graduate only thinks about cooking. I encourage his inclination, of course. Compulsion does not work. Most people do well only what they like to do. Besides, I am an immigrant from France. Scabs of French pessimism stick to my brain. I don’t know how long the current economic crisis will last. In Japan, there were ten dead years, a full decade lost. I tell myself that cooks never go hungry and neither do those who are close to them. I adore my son’s girlfriend. I want her to have enough to eat, happen what may. I used to work in kitchens myself, around the 18th century. I believe that even the leavings from the average restaurant kitchen will keep you pleasantly fat forever. Go for it, I tell him.

My son has been cooking part-time since he was a teenager and throughout the embarrassingly long years it took him to complete his political science major. He has experience in a variety of fairly humble kitchen positions. I also think he has some talent. I don’t say this because he is my son. I am a mean father by California standards, a stern figure more or less from the Old Testament, you might say. Not long ago, I thought my son was worse than worthless. I am not afraid to be “judgmental,” bet on it! But he has changed. His brain has caught up with his glands at last. Having finished college, he is naturally looking for a full-time position, or better. He is meeting with an obstacle we did not expect but that was expectable if we had thought about it: He is not Mexican.

In California, where I live, everywhere in California, I think, during the fat cow years, immigrants from Mexico took over nearly all the kitchen jobs, Those are mostly hard jobs, stressful jobs offering low pay. The native-born young shunned them in favor of retail “sales associates” positions that are easy and allow for a fair margin of laziness although they don’t pay any better. The Mexican take-over began with Taco Bells and private tamales stands, and, naturally, taco shops. But immigrants are predictable. Many went considerably further. Continue reading